Dernier rapport du GIEC sur le climat

Le 9 août 2021, le GIEC a publié la 1re partie de son 6e rapport d’évaluation, huit ans après le précédent. Il est le fruit des études menées par le Groupe de travail I des experts du GIEC. La conclusion est alarmiste : le réchauffement climatique est en marche, dans le monde, de manière irréversible et extrêmement rapide. La température de notre planète devrait augmenter de 1,5°C dès 2030, soit dix ans plus tôt que la précédente prévision. Le GIEC étudie cinq scénarios qui diffèrent selon l’importance du réchauffement et selon les capacités des sociétés à s’adapter aux changements qui viennent. Si ce rapport a fait grand bruit, c’est qu’il marque un tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le GIEC, qu’est-ce que c’est ?

rapport GIECLe GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) est un organisme créé en 1988 par deux institutions de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement. Il fournit régulièrement des rapports rassemblant des évaluations scientifiques sur les changements climatiques. Les experts membres du groupe établissent des projections et proposent des stratégies ayant pour but l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

Le GIEC compte 195 états membres, soit la quasi-totalité des pays du monde. Il est composé de trois groupes de travail distincts :

  • Le Groupe de travail I étudie les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat.
  • Le Groupe de travail II s’occupe des conséquences du changement climatique et de l’adaptation et de la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et naturels
  • Le Groupe de travail III évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre

Le GIEC compte également une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre.

Que dit le dernier rapport du GIEC ?

Les membres du GIEC sont formels. Ils constatent actuellement des changements jamais observés depuis des centaines de milliers d'années. Le rapport du 9 août 2021, intitulé « Changement climatique 2021 : les éléments scientifiques », a été approuvé par 195 gouvernements. Sa publication, sous la forme de trois volumes distincts, s’achèvera en 2022. Voici ce qu’il faut retenir du premier volume.

- La responsabilité de l’Homme sur le réchauffement climatique est sans équivoque.
- Dans tous les scénarios envisagés, le réchauffement dépasse la barre des 1,5°C dans les vingt prochaines années.
- Ces cinq scénarios sont plus précis que les précédents.
- Leur objectif n’est pas de « prédire l’avenir » mais de prendre en considération l’incertitude liée aux activités humaines dans le futur et de permettre ainsi aux Etats de décider de leur politique en toute connaissance de cause.

GES : 5 futurs concevables à l’horizon 2100 ?

Cinq scénarios englobent un large spectre de futurs possibles pour les émissions de GES :
Les hypothèses vont d’un scénario dans lequel les émissions planétaires de CO2 diminuent de façon draconienne, avec un objectif de neutralité carbone en 2050, puis sont négatives au courant de la deuxième moitié du siècle, à un scénario dans lequel les émissions de CO2 poursuivent leur forte augmentation, jusqu’à deux fois supérieures en 2050 et même plus de trois fois supérieures en 2100.

Les 5 scénarios du GIEC

Tout savoir sur le dernier rapport du GIEC

Les trajectoires socio-économiques de référence (SSP – Shared Socioeconomic Pathways)

Mises au point par la communauté scientifique, elles permettent de construire un cadre commun de réflexion autour des enjeux climatiques et de modéliser cinq « narratifs » prenant en considération les évolutions sociales, économiques, politiques et technologiques possibles d’ici à 2100.
Ces cinq narratifs ont été à l’origine de l’élaboration de différents scénarios d’évolution des systèmes économiques, énergétiques et d’utilisation des sols.

Les 5 scénarios en détail :

SSP1-1.9 : scénario très ambitieux pour se conformer à l’objectif 1,5°C de l’Accord de Paris.
C’est le scénario le plus optimiste. Les émissions mondiales de CO2 tombent à zéro vers 2050. Les sociétés adoptent des pratiques plus respectueuses de l'environnement, l'accent étant mis non plus sur la croissance économique mais sur le bien-être général. Les investissements dans l'éducation et la santé augmentent et les inégalités diminuent. Les phénomènes météorologiques violents sont plus fréquents mais le monde a évité les pires conséquences du changement climatique.
Défi d’adaptation : faible
Défi d’atténuation : faible

• SSP1-2.6 : scénario de développement durable
Les émissions mondiales de CO2 sont fortement réduites mais moins rapidement. L'objectif de zéro émission est atteint après 2050. Ce scénario décrit les mêmes évolutions socio-économiques vers le développement durable que dans le premier scénario mais la hausse des températures se stabilise autour de 1,8°C d'ici la fin du siècle.
Défi d’adaptation : moyen
Défi d’atténuation : moyen

• SSP2-4.5 : scénario intermédiaire
Les émissions de CO2 oscillent autour des niveaux actuels avant de commencer à diminuer au milieu du siècle. Les facteurs socio-économiques suivent leurs tendances historiques, sans changement notable. La progression vers la durabilité est lente, le développement et les revenus augmentant de manière inégale. Dans ce scénario, les températures augmentent de 2,7°C d'ici la fin du siècle.
Défi d’adaptation : élevé
Défi d’atténuation : élevé

• SSP3-7.0 : scénario de rivalités régionales
Les émissions de gaz à effet de serre et les températures augmentent régulièrement, celles de CO2 sont quasiment doublées par rapport aux niveaux actuels d'ici 2100. Les pays deviennent plus compétitifs les uns par rapport aux autres, privilégiant leur sécurité nationale et alimentaire. À la fin du siècle, les températures moyennes ont augmenté de 3,6°C
Défi d’adaptation : élevé
Défi d’atténuation : faible

• SSP5-8.5 : développement basé sur les énergies fossiles
C'est le "scénario du pire". Les niveaux actuels d'émissions de CO2 sont quasiment doublés d'ici à 2050. L'économie mondiale croît rapidement mais cette croissance est alimentée par l'exploitation des combustibles fossiles et des modes de vie très gourmands en énergie. En 2100, la température moyenne de la planète aura augmenté de 4,4°C, une véritable catastrophe.
Défi d’adaptation : faible
Défi d’atténuation : élevé

L’adaptation et l’atténuation, un double enjeu capital pour lutter contre le changement climatique

L’adaptation, c’est la démarche d’ajustement au climat actuel ou à venir, ainsi que ses conséquences :
- réduire les effets préjudiciables du changement climatique
- exploiter les effets bénéfiques. 

L’atténuation consiste à mettre en œuvre des actions visant à atténuer l'ampleur du réchauffement mondial d'origine humaine par la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou la capture et séquestration du dioxyde de carbone de l'atmosphère.

Que se passera-t-il concrètement si le réchauffement planétaire excède 1,5° C ?

planete qui souffre
  • Il y aura plus de vagues de chaleur.
  • Les saisons chaudes se prolongeront et les saisons froides se raccourciront.
  • Avec une hausse de température de + 2° C, les chaleurs pourront atteindre dans certains endroits des températures extrêmes.
  • Le cycle de l'eau s’en trouvera modifié :

- Les pluies et sécheresses seront plus intenses.
- Les inondations seront plus nombreuses.
- L'élévation du niveau des mers causera probablement la disparition de certaines zones côtières.
- On assistera au dégel du pergélisol, à la fonte des manteaux neigeux saisonniers, à la fonte des glaciers et des calottes glaciaires…
- Dans les océans, on pourra constater des vagues de chaleur et une acidification des eaux.

Climat : agir au plus vite, oui mais comment ? 

réduire CO2«Le changement climatique touche déjà toutes les régions de la Terre de multiples façons. Les changements observés augmenteront avec tout réchauffement supplémentaire », a déclaré Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail I du GIEC.

En revanche, le rapport précise que de fortes réductions, soutenues dans le temps, des émissions de CO2 et d'autres gaz à effet de serre pourraient limiter ces phénomènes. 

La stabilisation des températures prendrait plusieurs dizaines d'années, mais la qualité de l’air pourrait s'améliorer assez rapidement.

Dans la grande majorité des trajectoires établies par le GIEC pour une transition énergétique vertueuse, le nucléaire est largement utilisé dans la décarbonation de l’électricité.


La publication de ce dernier rapport du GIEC a fortement influencé les débats de la COP 26 de novembre 2021, à l’issue de laquelle de nouveaux engagements ont été pris par les États membres en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour en savoir plus, consultez notre hub Climat ou nos Décodages climat.

  • Grâce au nucléaire, la part des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) dans la production d’électricité française n’est plus que de 7 % contre 66% en 1970.
  • Le nucléaire émet 70 fois moins de CO2 que le charbon, 40 fois moins que le gaz, 4 fois moins que le solaire, 2 fois moins que l'hydraulique et autant que l'éolien.
  • Pour rester à + 1,5°C au maximum, le GIEC appelle d’ici 2050 à cesser tout usage du charbon et à réduire de respectivement 60 % et 70 % ceux du pétrole et du gaz (par rapport aux niveaux de 2019). 
  • Le rapport RTE montre que les scénarios avec un mix nucléaire/renouvelables coûtent 20 Mds€ par an de moins que les scénarios 100 % renouvelables. 
  • Au total, les renouvelables et les énergies peu carbonées - dont le nucléaire et l’hydroélectrique - comptent pour 37 % de la production électrique mondiale, le reste provenant des énergies fossiles.
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