• L’électrification des usages consiste à remplacer les équipements fonctionnant aux énergies fossiles par leurs équivalents électriques.
• Elle concerne notamment les transports, le chauffage des bâtiments, l’industrie et certaines activités artisanales.
• Elle contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la dépendance aux énergies fossiles importées.
• Son développement entraîne une hausse des besoins en électricité.
• Pour accompagner cette évolution, la France prévoit de s’appuyer sur un mix associant nucléaire et énergies renouvelables.
L’électrification des usages désigne le remplacement d’équipements ou de procédés utilisant directement des combustibles fossiles — pétrole, gaz ou fioul — par des solutions fonctionnant à l’électricité.
Cette transformation constitue l’un des leviers de la transition énergétique. En France, les énergies fossiles représentaient encore environ 58 % de la consommation finale d’énergie en 2024, contre 27 % pour l’électricité (Source : 20260423_DP_PLanElectrification.pdf). Or le pétrole et le gaz consommés sur le territoire sont en grande partie importés.
L’électrification ne concerne pas un secteur unique. Elle transforme progressivement les modes de déplacement, le chauffage des bâtiments et certains procédés de production.
Dans les transports, l’électrification repose principalement sur le développement des véhicules électriques, qui remplacent les moteurs thermiques fonctionnant à l’essence ou au gazole.
Elle nécessite le déploiement de véhicules adaptés, de bornes de recharge et d’infrastructures électriques capables d’accompagner l’évolution des besoins. Elle soulève également des enjeux industriels liés à la fabrication et à l’approvisionnement des batteries.
Dans les logements et les bâtiments tertiaires, les pompes à chaleur permettent de remplacer certains systèmes de chauffage utilisant du gaz ou du fioul.
L’électrification peut également concerner la production d’eau chaude et différents équipements du quotidien. Son développement doit toutefois s’accompagner d’une amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments afin de limiter leur consommation.
Les activités commerciales, artisanales ou de proximité peuvent elles aussi remplacer certains équipements fonctionnant avec des combustibles fossiles par des solutions électriques.
Les usages concernés varient selon les métiers : chauffage des locaux, véhicules professionnels, fours, machines ou équipements de production.
Dans l’industrie, l’électrification porte sur les procédés qui peuvent être convertis à l’électricité. Elle peut notamment concerner la production de chaleur, le fonctionnement des équipements et certaines étapes de fabrication.
Tous les procédés industriels ne peuvent cependant pas être électrifiés de la même manière. Leur transformation dépend notamment des technologies disponibles et des besoins propres à chaque activité.
L'électrification des usages ne se limite pas à produire davantage d'électricité. Elle suppose également de pouvoir la stocker et l'utiliser au moment où elle est nécessaire. Les batteries jouent un rôle central dans cette évolution, notamment pour les véhicules électriques. Leur fabrication est devenue un enjeu industriel majeur en Europe, qui cherche à sécuriser ses approvisionnements en matières premières et à développer une filière de production locale.
L’électrification des transports, des bâtiments et de l’industrie entraîne mécaniquement une hausse de la demande en électricité. À mesure que les véhicules thermiques, les chaudières et certains procédés industriels sont remplacés par leurs équivalents électriques, une part croissante de la consommation énergétique se reporte vers le système électrique.
À ces transformations s’ajoutent de nouveaux usages liés au développement du numérique, des centres de données et de l’intelligence artificielle. Ils contribuent eux aussi à l’évolution de la demande mondiale en électricité, sans relever directement de l’électrification des usages fossiles.
Cette croissance ne dépend donc pas seulement du nombre de véhicules électriques ou de pompes à chaleur. Elle suppose d’adapter simultanément les capacités de production, les réseaux électriques et les moyens permettant d’équilibrer en permanence la production et la consommation.
Publiée en février 2026, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe les grandes orientations de la politique énergétique française pour les prochaines années.
Elle prévoit une demande électrique de 618 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023. Elle vise également à réduire la part des énergies fossiles dans la consommation finale d’énergie, d’environ 60 % en 2023 à 40 % en 2030, puis à 30 % en 2035.
Dans la continuité de la PPE3, le gouvernement a présenté, le 23 avril 2026, un plan d’électrification de l’économie composé de 22 mesures. Celui-ci porte notamment sur les transports, les bâtiments, l’industrie et l’artisanat.
Le soutien public consacré à l’électrification doit atteindre 10 milliards d’euros par an d’ici 2030, contre 5,5 milliards d’euros en 2026. Lire aussi : Nucléaire - un atout pour l'indépendance énergétique de la France
La PPE3 fixe par ailleurs un objectif de production nucléaire sur une fourchette de 380 à 420 TWh dès 2030, et prévoit la construction de six réacteurs EPR2 sur les sites de Penly, Gravelines et Bugey.
Sources : troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie - dossier de presse gouvernemental du 23 avril 2026 consacré au plan d’électrification
Répondre à des besoins croissants suppose de disposer de capacités de production d’électricité bas carbone suffisantes. En France, cette trajectoire repose sur le développement conjoint du nucléaire et des énergies renouvelables.
Le nucléaire peut produire de l’électricité indépendamment des conditions météorologiques et tout au long de l’année. Cette caractéristique contribue à répondre aux besoins d’un système dans lequel les véhicules électriques doivent être rechargés, les pompes à chaleur fonctionnent davantage en hiver et certaines activités industrielles nécessitent un approvisionnement continu. Lire aussi : Avantages du nucléaire - ce qu'il faut retenir
La production nucléaire complète ainsi celle des énergies renouvelables au sein du mix électrique. Dans sa présentation du plan d’électrification d’avril 2026, le gouvernement souligne que la solidité du parc nucléaire français et le développement des énergies renouvelables permettent d’engager dès aujourd’hui l’électrification des usages.
Au-delà de la production d’électricité, le nucléaire présente également la particularité de permettre le recyclage d’une partie des matières utilisées. En France, jusqu’à 25 % de l’électricité nucléaire est produite à partir de matières recyclées.
Le saviez-vous ?
Un gramme de plutonium ou 100 grammes d'uranium recyclés permettent de produire autant d'énergie qu'une tonne de pétrole.