Projet IKE :

Le savoir-faire français d'Orano séduit les États-Unis

Le Département de l’Énergie américain (DOE) a accordé un financement de 900 millions de dollars pour construire une nouvelle usine d’enrichissement dans le Tennessee. Ce projet, appelé IKE1, contribuera à un nouvel approvisionnement fiable et sécurisé en uranium enrichi aux États-Unis.

Jean-Luc Palayer

3 questions à

Jean-Luc Palayer

Directeur général d'Orano USA

J.L.P. Pourquoi IKE est-il stratégique ?

Le projet IKE permettra de sécuriser les besoins des exploitants de réacteurs nucléaires américains, conformément à la réglementation US qui interdit, à partir de 2028, l’importation d’uranium russe. Il répond également aux besoins croissants des électriciens américains liés au développement des data centers et de l’Intelligence Artificielle, qui nécessitent une énergie stable, fiable et économique.

J.L.P. Pourquoi avoir choisi Orano ?

Orano a été la seule entreprise à la hauteur, parmi six soumissionnaires, pour le programme Low Enriched Uranium (LEU) en raison de son expertise technologique et son expérience industrielle dans l’enrichissement depuis cinquante ans. Le projet repose sur la technologie d’ultracentrifugation, un procédé que maîtrise Orano depuis vingt ans pour enrichir l’uranium2, notamment sur son site du Tricastin, dans le sud de la France. Ce savoir-faire, reconnu pour sa fiabilité et son faible impact environnemental, joue un rôle clé dans la production d’électricité bas carbone.

J.L.P. Quelles sont les prochaines étapes ?

Avant d’entamer ce chantier d’envergure estimé à près de 5 milliards de dollars, le projet doit encore franchir plusieurs étapes, notamment la constitution d’un carnet de commandes, la poursuite des démarches réglementaires et la finalisation du plan de financement. Il représentera aussi un moteur économique, avec plus de 1 000 emplois prévus pendant la construction et environ 300 sur le long terme pour l’exploitation de l’installation. La mise en service est prévue au début des années 2030.

Georges Besse 2 : des capacités d'enrichissement de l'uranium élargies

En parallèle, Orano poursuit l’extension des capacités d’enrichissement de son usine Georges Besse 2, sur le site du Tricastin. Objectif : une capacité additionnelle de plus de 30 %, soit 2,5 millions d’UTS3 qui vise à se substituer, dès 2028, à une partie des approvisionnements russes en uranium enrichi sur le marché occidental.