Orano - Rapport annuel d’activité 2025 94 3 RISQUES, CONTRÔLE ET PLAN DE VIGILANCE Plan de vigilance En 2025, les études détaillées d’impacts se sont poursuivies sur les sites de Zuuvch Ovoo et Dulaan Uul en Mongolie afin d’évaluer les impacts du projet minier en ISR (In Situ Recovery) et de proposer des mesures d’atténuation ainsi que des principes de surveillance environnementale. Au Kazakhstan, pour ce qui concerne en particulier le site Katco situé dans une zone sensible pour la biodiversité, les mesures d’atténuation spécifiques retenues et mises en œuvre portent sur des plans de reboisement couvrant au total près de 12 000 hectares, répartis sur les régions de Kyzylorda (projet national de reboisement du fond asséché de la mer d’Aral, appelé ODAM) et de Turkestan (projet Green Belt). En France, l’exploitation minière d’uranium s’est achevée en 2001, avec la fermeture du dernier site situé à Jouac en Haute-Vienne, et l’épuisement des gisements d’uranium économiquement exploitables. Orano a lancé un important programme de reconversion et de réaménagement de tous ses anciens sites miniers. Au total, plus de 35 % de ces mines ont été transformées en des zones écologiques et/ou forestières, dotées d’une biodiversité extrêmement riche. Orano a misé sur le déploiement d’un plan simple de gestion (PSG). Cet outil permet de planifier et de programmer les coupes et travaux à réaliser sur une période de 10 ans en définissant des objectifs sylvicoles. Il s’agit d’opérations d’entretien, pour éviter que la forêt ne se renferme sur elle-même au cours de sa phase de croissance, et de coupes raisonnées lorsque cela est possible, afin d’assurer le maintien des écosystèmes. Ces opérations permettent de favoriser l’intégration de l’ancien site dans l’environnement et le paysage. À date, Orano a la charge d’environ 1 300 hectares de forêts françaises dans le cadre d’un programme de gestion forestière. Pour des informations plus précises sur les mesures prises sur les différents sites d’Orano, voir Section 4.2.3.3 du présent rapport. Gestion raisonnée de l’eau Les activités minières et de chimie-enrichissement d’Orano nécessitent l’utilisation de ressources en eau. En cas de pénurie, l’utilisation de l’eau par le groupe peut impacter les écosystèmes. La gestion raisonnée de l’eau constitue ainsi une préoccupation environnementale et sociétale majeure pour Orano. Un groupe de travail dédié au sujet de l’eau et rassemblant les principaux consommateurs du groupe a été mis en place en 2021 afin de poursuivre les actions engagées (recherche de fuites, recyclage des eaux de lavage, etc.) et de tenir les engagements de réduction des prélèvements. Chaque site contributeur majeur a ainsi élaboré une feuille de route pluriannuelle. L’amélioration de l’instrumentation des réseaux d’eaux industrielles et potables, ainsi que la mise en place progressive d’un suivi renforcé des consommations ont permis d’identifier et de traiter les réseaux fuyards et de contribuer à la réduction de la consommation d’eau. Orano a lancé un plan pour améliorer la connaissance et la maîtrise de la ressource en eau (schéma directeur eau) sur sept de ses sites qui sont des consommateurs majeurs d’eau. Il a pour objectif d’améliorer la connaissance des flux hydriques au sein d’un site et d’identifier des axes de progrès concernant la performance de la gestion des eaux. L’exercice comprend une évaluation du niveau de stress hydrique à l’aide de l’outil « Aqueduct Water Risk Atlas » du World Resources Institute (WRI). Le stress hydrique correspond à une situation critique dans laquelle les ressources en eau disponibles sont inférieures à la demande. À date, cet outil indique qu’aucun site de production du groupe n’est implanté dans une zone de stress hydrique élevé ou extrêmement élevé. À titre d’exemple, en 2025, les deux sites miniers en production McClean Lake et Katco ont développé leur propre Schéma directeur eau. Ces documents de cadrage permettent aux sites de garantir la pérennité de leur activité sur le long terme, en identifiant les enjeux actuels et futurs, risques et opportunités, en prenant en compte les dépendances vis-à-vis de la ressource en eau sur leurs bassins versants respectifs, pour une gestion de l’eau sobre, résiliente et concertée. Ces mêmes documents de cadrage seront développés sur tous les sites mis en exploitation dans les années futures. Le site du Tricastin a, quant à lui, réduit sa consommation d’eau de 65 % entre 2015 et 2025, performance à mettre en perspective avec les plus de 26 millions de m3 consommés il y a 15 ans. Cette réduction a été possible grâce aux évolutions de l’outil industriel et aux actions liées à l’adaptation des installations, appuyée par un suivi des consommations en temps réel au travers du déploiement de capteurs permettant d’identifier de manière réactive des éventuelles fuites sur les réseaux d’alimentation et de conduire, le cas échéant, les actions correctives associées. La démarche de sobriété du site se poursuit en 2026 avec l’élaboration d’un schéma directeur eau et la mise en œuvre d’un plan de sobriété hydrique 2026-2030. La réduction de la consommation d’eau du groupe entre 2019 et 2025 est de - 47 %. Pour plus de précisions sur la gestion de l’eau, se reporter à la Section 4.2.2.2 du présent rapport. Gestion raisonnée de l’énergie Orano a réactivé depuis 2019 un réseau de leaders sur l’énergie et dispose d’équipes dédiées sur les sites afin de définir et piloter les nouveaux plans de performance énergétique (remplacement d’équipements fonctionnant avec des énergies combustibles par des équipements électriques, déploiement d’éclairage LED, etc.). La consommation d’énergie a augmenté entre 2024 et 2025 en raison du rétablissement des niveaux de production des usines. Toutefois, le groupe a pu réduire sa consommation d’énergie entre 2019 et 2025 de - 3 %. En 2025, Orano a poursuivi le déploiement de sa feuille de route énergie avec pour priorités : ● la réalisation d’audits énergétiques approfondis permettant d’identifier de nouveaux projets sur ses sites les plus énergivores, en particulier la Hague, Tricastin et Malvési ; ● le déploiement de logiciels de performance énergétique, dits EMS (Energy Management Systems), afin d’exploiter les données générées par les compteurs sur ses installations ; et ● l’amélioration de l’efficacité des moteurs/ventilations, premiers consommateurs des sites industriels. Entre 2019 et 2025, le site du Tricastin a réalisé une économie d’énergie de 39,5 GWh, grâce à l’optimisation de ses procédés et à l’amélioration de la production de chaleur et de refroidissement. Cette performance s’inscrit dans la trajectoire visant 10 % d’efficacité énergétique supplémentaire d’ici 2030, après normalisation des effets de production et des conditions météorologiques. Le site prévoit également une diversification progressive de ses sources d’énergie, notamment par l’intégration d’électricité solaire. Deux centrales photovoltaïques, de 30 MWc et 2,3 MWc, installées sur ses terrains, permettront à terme de produire une partie de l’électricité utilisée localement, renforçant ainsi la performance énergétique du site.
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