Orano - Rapport annuel d’activité 2025 71 RISQUES, CONTRÔLE ET PLAN DE VIGILANCE 3 Facteurs de risques 3.3.1 Contexte géopolitique 3.3.1.1 Risques géopolitiques et sanctions internationales Description du risque Le groupe est exposé aux risques géopolitiques, politiques, de gouvernance publique faible et de respect insuffisant de l’état de droit dans certains de ses pays d’activité, en particulier dans le cadre de ses activités minières à l’international (la Business Unit Mines représente 29 % du chiffre d’affaires d’Orano en 2025). Le risque géopolitique peut, entre autres, conduire à des actions d’influence ou d’ingérence étrangères au détriment des intérêts français ou d’Orano, ou au profit de ses concurrents pouvant entraîner, pour le groupe, une perte de parts de marché. Des pressions politiques, notamment, pourraient conduire certains concurrents, étroitement liés à des puissances étrangères, à prendre des décisions influencées par des considérations autres qu’économiques et à profiter de financements à des conditions avantageuses et hors marché. Les actes de terrorisme, qu’ils soient domestiques ou importés, peuvent également générer des troubles sociopolitiques et compromettre la sécurité physique des salariés et des installations du groupe. En outre, des mesures contraignantes prises par des pays tiers peuvent être extraterritoriales et impacter ou mettre à risque les activités d’Orano (embargos, sanctions sur les tiers, suppression de licences, fixation de droits de douanes ou de quotas d’importation, interdiction de rapatrier des fonds, du matériel, alourdissement des procédures administratives et juridiques, etc.). Les impacts peuvent être réputationnels, juridiques ou financiers. Ces risques peuvent aussi conduire à une expropriation/nationalisation ou à la captation technologique et de la propriété intellectuelle d’Orano. La faiblesse de la gouvernance publique et de l’état de droit dans certains de ses pays d’activité expose le groupe et ses salariés au risque de corruption, à une insuffisante protection de ses droits et à un traitement inéquitable par les organes judiciaires. Par ailleurs, les régimes de sanctions économiques, associés au contrôle des exportations, peuvent cibler les pays dans lesquels Orano exerce ses activités et imposer des restrictions à l’importation, à l’exportation et à la réexportation de certains biens et services. Ils servent également de plus en plus régulièrement d’outil de puissance tant par la Chine que par les États-Unis, chacun de ces pays cherchant à interdire à l’autre l’accès aux produits critiques nécessaires à son développement économique ou militaire. Gestion du risque Orano assure une veille constante des risques politiques et géopolitiques. Tous les transferts de matières, d’équipements, d’informations et/ou de technologies sont juridiquement encadrés via des contrats commerciaux et des accords intergouvernementaux. Orano, en lien avec ses autorités, s’assure, via ses procédures internes et ses comités de gouvernance, du respect des traités, accords, règles internationales, régimes d’exportation et régimes de sanctions qui lui sont applicables, ainsi que de la protection de sa technologie et de sa propriété intellectuelle vis-à-vis des risques de captation. Orano informe régulièrement ses salariés des risques encourus, met en place des comités ad hoc pour mieux évaluer, anticiper ces risques et prendre les décisions en conséquence. Orano veille à assurer des prises de commandes continues et de long terme sur la conversion et l’enrichissement afin d’assurer son plan de charge et son prix de vente sur la durée mais aussi amortir ses investissements. Dans le cadre de la mise en œuvre des actions relatives au nucléaire de la feuille de route de la Commission européenne sur la sortie de la dépendance énergétique à la Russie (« RePower EU »), Orano appelle de ses vœux une évolution de l’organisation du marché amont au sein de l’UE, en privilégiant l’instauration de quotas sur les importations d’uranium enrichi russe qui permettraient, en quantifiant les volumes russes importés, de donner une meilleure visibilité aux investissements capacitaires des industriels et de garantir, grâce à leur mise en œuvre sur le long terme, la pérennité d’une offre alternative occidentale autonome, tandis que les tarifs douaniers pourraient être davantage exposés à une remise en cause. Orano veille à maintenir un dialogue continu avec tous les grands pays nucléaires, en collaboration avec le réseau diplomatique français, et à développer la diversification géographique de ses approvisionnements miniers et de ses clients. Les différents paquets de sanctions contre la Russie se multipliant, ils imposent au groupe une attention accrue au risque de faire l’objet de sanctions internationales qui pourraient avoir des impacts financiers, juridiques et réputationnels particulièrement négatifs. Le groupe Orano n’a aucune présence en Fédération de Russie et/ou en Biélorussie, et ne dispose d’aucun établissement ou d’employé localement. Depuis février 2023, Orano a mis en place une cellule dédiée pour s’assurer en permanence du respect des sanctions édictées par les autorités nationales et internationales à l’encontre de la Russie. Un processus spécifique de contrôle d’approbation préalable des opérations du groupe demeurant autorisées a été immédiatement activé. En 2024, le groupe a officiellement publié sur son site internet une communication confirmant sa stricte politique de respect des régimes de contrôle des exportations et des sanctions internationales qui lui sont applicables. Le groupe a également confirmé que les seules transactions réalisées avec la Russie sont celles essentielles à la préservation de la sécurité énergétique non russe. 3.3.1.2 Risques liés aux politiques énergétiques françaises, des autres États et de l’Union européenne Description du risque Les perspectives de développement des activités du groupe sont sensibles à la politique énergétique française. En 2025, 61 % de son chiffre d’affaires a été réalisé en France. En outre, le groupe, dont le capital social est détenu à 90,33 % par l’État français, vise à mettre en œuvre la politique énergétique française. À cet égard, le projet de PPE3 (programmation pluriannuelle de l’énergie) couvrant les périodes allant de 2025 à 2035 a été soumise à consultation, et propose des mesures ambitieuses pour la programmation énergétique nucléaire, notamment en ce qui concerne les activités du cycle du combustible. La PPE3 confirme ainsi, via un portage réglementaire, la stratégie française de traitement et de valorisation des combustibles nucléaires usés et acte dans cette perspective la poursuite des travaux en vue de renouveler les installations industrielles qui permettent sa mise en œuvre, en vue d’une prise de décision d’ici fin 2026, tout en veillant à prendre les mesures permettant d’assurer l’adéquation aux besoins des infrastructures existantes d’ici 2035 et au-delà.
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