Orano - Rapport annuel d’activité 2025 225 INFORMATIONS EN MATIÈRE DE DURABILITÉ 4 Informations sociales et sociétales La sûreté nucléaire s’appuie sur des principes de culture, de management et d’organisation parmi lesquels : ● la responsabilité première de l’exploitant nucléaire et la responsabilité de l’employeur ; ● un système interne de responsabilités clairement défini, qui repose sur des délégations explicites en matière de sûretésécurité-radioprotection ; ● un haut niveau de compétences et de savoir-faire développés par des actions de formation appropriées et évalués régulièrement ; ● une filière indépendante de sûreté, qui assure une expertise partagée et un contrôle indépendant de la ligne opérationnelle ; ● une organisation de gestion de crise pour prendre, en cas d’événement, les dispositions de mise à l’état sûr des installations et des équipements, de limitation des conséquences et d’information interne et externe ; ● une analyse des risques fondée sur une approche proportionnée aux enjeux, sur la prise en compte des facteurs organisationnels et humains, et alimentée par le retour d’expérience ; ● un dialogue transparent avec l’ensemble des parties prenantes, basé sur une information de qualité permettant d’apprécier de manière objective l’état de sûreté des installations et des activités du groupe. Des études de sûreté pour les installations mises à jour tous les 10 ans Des études de sûreté sont menées pour chaque installation. Elles prennent en considération des risques internes d’origine nucléaire (criticité, radiolyse, etc.) et non nucléaire (chimique, manutention, incendie, etc.) dès la conception, ainsi que des risques externes (tornades, séismes, etc.). Les risques sont réévalués tous les 10 ans lors du réexamen périodique obligatoire de chaque installation nucléaire de base (INB). Ces réexamens permettent de réévaluer régulièrement le niveau de sûreté d’une installation en prenant en compte les dernières évolutions réglementaires et les meilleures techniques disponibles. Cette démarche conditionne l’obtention par l’autorité compétente des validations nécessaires pour poursuivre l’exploitation d’une installation pour les 10 ans à venir. Un dispositif dédié à la sûreté des transports Le groupe est exposé aux risques d’accident en cours de transport de matières radioactives ou de substances chimiques dangereuses par voies ferroviaire, maritime ou routière. Le respect de la réglementation en vigueur est assuré par l’ensemble des Business Units et plus particulièrement par la Business Unit Emballages Nucléaires et Services, qui déploie un processus de « supervision des transports ». Afin d’assurer la sécurité et de protéger les populations, les biens et l’environnement sur le domaine public, les transports de matières radioactives et nucléaires sont également soumis au principe de la « défense en profondeur » qui consiste à mettre en place des barrières successives (performance de l’emballage, respect des exigences de sûreté, respect des exigences sécuritaires, organisation de gestion de crise) pour prévenir les accidents et en limiter les effets. Orano privilégie également, lorsque cela est possible, le transport ferroviaire. Le groupe réalise ses transports conformément aux réglementations internationales et nationales en vigueur. En matière de transport de matières radioactives, la sûreté nucléaire repose d’abord sur l’emballage. Les emballages sont conçus pour assurer la protection des personnes et de l’environnement, tant dans des conditions normales que dans des situations accidentelles de transport et ce, quel que soit le mode de transport utilisé. Les transports de matières radioactives font l’objet d’inspections et de vérifications planifiées ou inopinées de la part des autorités compétentes et du service de supervision des transports d’Orano. Orano organise ainsi environ 200 inspections par an dans le monde afin de s’assurer du respect de la réglementation applicable. Le personnel d’Orano ou de ses sous-traitants qui interviennent lors de la manutention et du transport de matières radioactives reçoit également une formation appropriée sur la radioprotection et font l’objet d’un suivi dosimétrique. Un plan d’action en matière de sécurité industrielle à la hauteur des enjeux Sur les sites français classés Seveso seuil haut, des études de dangers sont réalisées et une politique de prévention des risques majeurs est mise en place afin d’assurer la protection de l’environnement et du public. Orano a participé aux différents travaux organisés par France Chimie à la suite de l’accident Lubrizol du 26 septembre 2019 et a mis en œuvre des plans d’action pour améliorer la prévention des risques industriels en s’appuyant sur quatre volets : le développement des compétences, l’amélioration de la culture en sécurité industrielle des collaborateurs, la prévention des risques (renforcement du suivi des inventaires de substances dangereuses, etc.), et la mise en place de standards et d’indicateurs transverses pour le groupe. En 2025, le déploiement d’un outil de gestion des stocks de produits chimiques s’est poursuivi, conformément au plan d’action découlant du retour d’expérience de Lubrizol. À la suite de plusieurs événements significatifs relatifs à la sécurité industrielle (incendie, rejets gazeux non contrôlés), mais sans conséquence sur les opérations minières, un plan d’action ambitieux a été lancé en 2020 afin de doter les sites miniers d’un système équivalent au système de gestion de la sécurité industrielle existant pour les établissements Seveso français. En 2025, un système automatique de protection incendie par arrosage intensif, type déluge, a été installé dans le bâtiment de stockage de nitrate d’ammonium de Muyumkum sur le site de Katco au Kazakhstan. Cet équipement permet de réduire très significativement les risques d’incendie/d’explosion de nitrate d’ammonium sur le site. Ces actions contribuent également à limiter les impacts et la probabilité d’un déversement accidentel avec des conséquences potentielles sur l’environnement, traité au sein de la Section 4.2.4. La gestion des situations d’urgence et de crise Orano est également doté d’un dispositif de gestion de crise permettant de gérer des situations d’urgence, liées aussi bien à la sûreté et à la sécurité des installations qu’à la protection des collaborateurs, du public et de l’environnement. Une centaine d’exercices sont organisés chaque année, dont certains avec les pouvoirs publics et les autorités de tutelle. Les sites nucléaires disposent d’équipes d’intervention disponibles sur site 24 heures sur 24. Ces équipes sont formées et entraînées à tout type de situation de secours ou de mise en sécurité. Depuis 2015, Orano s’est également doté d’une Force d’intervention nationale Orano (FINA) à la suite de Fukushima dans le cadre des Études complémentaires de sûreté. Elle est constituée de près de 250 volontaires de toutes les entités, entraînés et prêts à apporter de l’aide dans leur domaine de compétence en cas d’incident majeur sur un site du groupe.
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