Depuis 60 ans, la France a fait le choix de traiter et de recycler ses combustibles nucléaires usés afin de valoriser la matière nucléaire et de réduire le volume et la radiotoxicité des déchets les plus dangereux. Aujourd’hui, près de 96 % du combustible usé peut être réutilisé pour produire de l’électricité : 10 % de l’électricité nucléaire française provient déjà de matières recyclées, chiffre qui pourrait atteindre 40 % grâce au multi-recyclage.
Le traitement-recyclage présente plusieurs avantages :
Tous les pays n’ont pas fait ce choix : certains préfèrent stocker directement les combustibles usés. La France privilégie le recyclage pour produire une électricité économe en ressources naturelles. Ainsi, les annonces du Président de la République en 2022 à Belfort, les orientations du Conseil politique nucléaire en 2023, 2024, 2026 et l’appui du gouvernement à travers la Stratégie française sur l’énergie nucléaire ont confirmé la nécessité de moderniser et sécuriser les capacités industrielles de traitement-recyclage des combustibles usés. Le projet Aval du futur s’inscrit dans cette démarche.

On parle de cycle du combustible pour décrire les différentes étapes de la vie du combustible nucléaire : extraction de l’uranium, conversion et enrichissement, fabrication du combustible, utilisation dans un réacteur, puis gestion du combustible usé. Aujourd’hui, deux grandes approches sont développées dans le monde pour la gestion du combustible usé :
Sur le site Orano la Hague, après traitement du combustible usé, les déchets les plus radioactifs sont conditionnés sous deux formes principales :
Le compactage consiste à placer les morceaux de gaines métalliques cisaillés et les embouts du combustible dans un fût, sous une presse de 2500 tonnes afin de réduire le volume de déchets.
La vitrification
consiste à incorporer les éléments radioactifs dans une matrice de verre afin de les confiner sur plusieurs centaines de milliers d’années. Ce conditionnement permet de stabiliser les substances radioactives et de
faciliter leur gestion sur le long terme.
Les déchets français sont aujourd’hui entreposés sur le site Orano la Hague dans des installations sûres, dans l’attente de leur stockage géologique
définitif, envisagé dans le cadre du projet Cigéo. Couplée au stockage géologique, ce conditionnement constitue la solution la plus sûre d’après l’Autorité de Sûreté Nucléaire
et de Radioprotection (ASNR).
Pour comprendre ce choix, il faut d’abord distinguer entreposage et stockage, deux notions fondamentales pour la gestion des matières et des déchets radioactifs :
Aujourd’hui, deux grandes options d’entreposage existent :
En France, l’entreposage sous eau est privilégié car il :
Selon un rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)1, publié en 2018, ce mode d’entreposage offre ainsi de meilleures garanties pour la gestion et la reprise future du combustible. En effet, le choix d’une solution ou de l’autre « dépend largement des choix nationaux en termes de gestion des combustibles usés ». Ainsi, en France, le choix d’utiliser l’entreposage en piscine est d’abord lié à la décision de traiter et de recycler les combustibles usés.
Le stockage direct des combustibles nucléaires consiste à conditionner ces derniers sans les traiter. A titre d’exemple, en 2015-2016, le gouvernement Finlandais puis l’autorité de sûreté de Finlande ont autorisé la construction d’un stockage géologique à Olkiluoto, dans une roche granitique, pour les combustibles usés. Posiva, l’homologue finlandais de l’Andra, a débuté les travaux en 2016. En décembre 2021, elle a déposé une demande d’autorisation d’exploitation auprès du gouvernement. Les premiers essais avec des colis tests ont été menés avec succès à l'automne 2024. La mise en service est prévue en 2025.
La Finlande s’appuie depuis 2004 sur un laboratoire de recherche, à 400 mètres de profondeur, dans le prolongement duquel seront construits les ouvrages de stockage des combustibles usés (source : ANDRA).
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1L’IRSN a fusionné le 1er janvier 2025 avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour devenir l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR)
Quel est le coût du projet ? Comment est-il financé ?